Europe et OGM

Europe et OGM

Message non lude Paul Vincent le 22 Avr 2009, 07:55

Paris a reçu le soutien de onze autres États européens pour maintenir l'interdiction de la culture du MON810.

En matière d'OGM, politique et science font rarement bon ménage. En dépit du feu vert donné par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments au maïs 810 de Monsanto, qui concluait récemment à son innocuité, la France a plaidé avec succès à Bruxelles en faveur du maintien de l'interdiction de la culture de cet OGM sur le territoire national. Lundi, lors d'une réunion des experts des 27 États membres, Paris a réussi à fédérer dans son sillage onze autres États membres, dont l'Irlande, l'Autriche et la Pologne, aboutissant ainsi au statu quo réglementaire. À l'inverse, la Commission européenne, qui reste hostile à l'introduction de «clauses de sauvegarde», a perdu une manche.

L'argumentaire français tenait en trois pages : à l'échelle «locale», il existe des risques de voir des champs non OGM «contaminés» par du pollen issu de champs OGM voisins. Par ailleurs, deux lépidoptères responsables de la destruction du maïs présenteraient une résistance au Mon­santo 810, mettant ainsi en doute les performances de ce dernier. D'autres papillons, comme les célèbres monarques, mais aussi des lombrics, des isopodes (petits insectes appartenant à la famille des crustacés) ou des nématodes, ces minuscules vers, seraient victimes des effets toxiques collatéraux de cet OGM. Plus grave, le BT, toxine active du Monsanto, se retrouverait dans des sédiments voisins, au contact des racines, dans le sol ou dans l'eau.

Enfin, Paris en appelle à la patience : dans plusieurs semaines, l'Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA) devrait procéder à une nouvelle évaluation du MON810. Il sera alors toujours temps de prendre une décision, estiment les représentants français. Curieux raisonnement.


Hypocrisie
Dans le passé, l'AESA n'a jamais débouté le moindre OGM. Pour formuler ses avis, cet organisme basé à Turin ne conduit aucun travail scientifique propre, mais se base uniquement sur des informations communiquées par les firmes OGM, complétées par d'autres enquêtes nationales. L'Agence se plaint d'ailleurs d'être en sous-effectifs, la France est l'un des premiers pays à critiquer son processus d'évaluation, ce qui n'empêche pas la Commission de suivre aveuglément ses recommandations. Lundi, sans surprise, l'AESA a rejeté les arguments scientifiques français sur le MON810, ce qui devrait suffire à relancer la procédure.

La Commission devrait, «le plus vite possible», demander une nouvelle levée de la clause de sauvegarde française. Cette proposition de «sanction» pourrait être alors examinée par les 27 ministres de l'Agriculture, au plus tôt en mars. Logiquement, le Conseil devrait être incapable de réunir une majorité, ce qui entraînerait le dossier dans un nouveau tour de manège, tout aussi stérile. Mis à part la France, trois autres pays, l'Autriche, depuis 1999, la Hongrie depuis 2005 et la Grèce, depuis 2006, ont introduit des clauses de sauvegarde pour le MON810, sans que jamais les autorités communautaires, pourtant hostiles à ces mesures protectionnistes, n'aient pu s'y opposer. Il y a un an, plusieurs capitales, dont Paris, Berlin ou Rome, avaient demandé une remise à plat du processus, qui confine à l'hypocrisie. Depuis, constate une source au Conseil, «les progrès sont minuscules».
(Article paru dans Le Figaro, transmis par Sylvaine)
Paul Vincent
 
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